Le choc de la nouvelle

Yann. « Habitez-vous un appartement ou une maison individuelle ?

« Habitez-vous un appartement ou une maison individuelle ?

Euh… Une maison individuelle… »

Un coup d’œil vers Monique. Elle semble aussi surprise que moi de la question.

Maison de plain-pied ou avec des escaliers ?

C’est Monique. qui répond. Moi, cette jeune interne en neurologie commence à m’agacer avec ses questions et en même temps je devine son manège. De telles questions ne font pas partie d’un protocole médical pour établir un diagnostic. C’est, à coup sûr, un message pour nous faire entendre que la situation est grave… à moins que je ne devienne paranoïaque…

Mais je suis arrivé aux urgences en marchant…

Oui, vous avez des chances de pouvoir remarcher avec une béquille, chez vous ou quelques centaine de mètres par jour… Un logement de plain pied ce serait moins compliqué… Et avez-vous une aide à domicile ? Parce qu’il va certainement falloir y songer…

Cette fois elle m’agace ! Ni Monique ni moi ne sommes encore des vieillards. Il ne faudrait pas exagérer… Et elle ferait mieux de fermer le rideau du box. Je sais que les urgences sont la cour des miracles mais j’en ai assez de tous ces gens qui passent et repassent, jetant un œil furtif, sans doute en s’interrogeant sur la gravité des différents cas qu’ils aperçoivent. Je suis le thorax bardé d’électrodes, une perf au bras, à côté de moi un écran affiche en permanence un rythme cardiaque et une tension dont je peux deviner les chiffres sans lunettes. Ils sont extrêmement élevés…

Le diagnostic est tombé : accident cérébral. Pendant qu’un soignant me véhicule sur un brancard vers une salle où un scanner est programmé en urgence, je rumine les propos de cette jeune médecin. Je sais que si j’en réchappe, je remarcherai ! Et sans canne ! Cela prendra peut-être du temps mais je remarcherai… si du moins mon état n’empire pas. Ce n’est pas une affirmation dénuée de fondements : je sais les sensations que j’avais en arrivant aux urgences, marchant, soutenu par Monique.

Après de longues heures passées aux urgences, je suis admis dans un service de soins intensifs, en neurologie. Une infirmière m’administre un traitement. « Ne vous inquiétez pas, avec ça tout va rentrer dans l’ordre… » Je veux bien accorder quelque crédit à sa parole mais je lis, sur l’écran de l’appareil qui affiche les constantes, des chiffres qui me semblent inquiétants. Je me sens stressé depuis l’instant où, très tard dans la soirée, une fois que je suis accueilli dans le service, Monique est rentrée à la maison. Elle doit être épuisée.

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